Impact Investing : Faut-il se lancer ? (Partie 2)

Voici le second article de notre série en 3 parties dédiée à l’impact investing. Dans cette partie, on vous présente les modèles et secteurs les plus prometteurs de l'Impact Investing.


Ecosystème financement
Publié le 18/07/2019

Après une première partie sur la définition de l’impact investing, cette nouvelle partie va vous introduire aux modèles et secteurs les plus prometteurs de l’Impact Investing. Cette analyse ne se veut pas exhaustive, elle a simplement pour objet de vous donner les informations utiles pour investir en tant que financeur privé, dans ces secteurs. 

 

#1 Investir dans la Civic Tech 

Qu’est-ce qu’une Civic Tech ?  

Pour commencer, revenons sur une définition rapide de la Civic Tech. Selon Make.org, la Civic Tech française financée exclusivement par la philanthropie : “Les Civic Tech sont des entreprises, des associations et des ONG qui utilisent la technologie pour engager massivement les citoyens, et plus généralement la société civile, au service de l’intérêt général.”

 

Où s’est développée la Civic Tech ? 

La Civic Tech s’est développée rapidement dans les pays anglo-saxons en raison du rôle défini et limité de la puissance publique dans le domaine social. C’est en 2008, dans un contexte post crise, d’évolution technologique et de l’élection de Barack Obama que la Civic Tech a connu son plus grand développement. Le concept a depuis réussi à se développer avec succès sur le reste des continents. 

 

Les Civic Tech sont-elles rentables ?

Pour adresser cette question, un exemple concret, celui des projets de renforcement de l’engagement citoyen. Avec un exemple français pionnier dans le domaine, Fluicity et son concurrent le plus rentable, Zencity. 

Fluicity (France) - 2015

  • Problème : L’attente des citoyens en matière de participation est forte et en constante augmentation. Que ce soit dans le cadre d’un plan climat, d’un aménagement structurant ou d’une nouvelle politique publique, il est à présent indispensable d’associer l’ensemble des parties prenantes.

  • Solution : Fluicity est une plateforme de participation citoyenne qui permet à chacun de contribuer de manière utile aux décisions collectives.

  • Modèle de rémunération : Abonnement de 10k par an pour la modération de la plateforme. La clientèle comprend des acteurs publics, des acteurs privés et des associations. Il s’agit de manière non exhaustive : de l’Assemblée nationale, la mairie du 9e arrondissement, la mairie de Carcassonne, BNP Paribas real estate et Médecins sans frontières. 

  • Chiffres : 950 000 euros levés auprès de Bpifrance et d’investisseurs privés. La startup recherche actuellement 2,5 millions d’euros. Son revenu est de 250 000 euros par an, avec 40 clients récurrents. Le projet est soutenu par TEDx, MIT technology review, Bpifrance et Paris&Co.  

Zencity (Tel Aviv) - 2015

  • Problème : Même problématique que Zencity. 

  • Solution : Le big data au service de la prise de décision citoyenne. Zencity collecte des feedbacks auprès des citoyens pour permettre une meilleure représentation des citoyens. Elle propose aussi un service de de planification et de mesure de performance des actions publiques.  

  • Modèle de rémunération : Plateforme SaaS. Les clients sont également des municipalités. Elles s’abonnent pour une durée d’un an sur la plateforme. Zencity compte une trentaine de clients répartis entre Israël et les Etats-Unis. 

  • Chiffres : 9.5 millions de dollars levés auprès des fonds M12 Microsoft, Vertex Ventures et Canaan Partners. Le revenu annuel de l’entreprise est estimé à environ 1 million d’euros. La startup a remporté un prix d’un million de dollars et le prix de la startup la plus innovante lors d’une compétition organisée par l’entreprise Microsoft. Avec ces nouveaux fonds la startups a pour ambition l’internationalisation en Amérique du sud et en Europe. 

 

Existe-t-il des barrières à l’entrée dans le marché des Civic Tech ? 

Comme le confirme son fondateur lors d’une interview, les municipalités contrairement aux idées reçues disposent de fonds et souhaitent avoir recours à ces nouveaux services. De même, les régulations n’empêchent pas le développement de l’innovation dans ce secteur. En France par exemple, malgré l’existence des services publics, la puissance publique assure la promotion des nouvelles technologies au service de la démocratie par le biais de la DINSIC (département interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’Etat). 


Le marché est donc prometteur et les chiffres sont positifs, démontrant qu’une croissance du modèle de la Civic Tech est possible d’un point de vue économique. Qu’en est-il cependant du point de vue de l’impact social ? 

 

Les Civic Tech maximisent-elles l’impact social ? 

Les Civic Tech ont été conçues pour répondre à des problèmes pris en charge partiellement ou totalement par la puissance publique. Pour autant, la réponse apportée par les Civic Tech est-elle autant, voire plus efficace que celle de la puissance publique ? 

La collaboration privé public : un impact réduit

Le modèle de la Civic Tech a été encouragé par la puissance publique, souhaitant favoriser l’innovation et l’engagement citoyen, tout en optimisant les ressources budgétaires. C’est notamment l’exemple anglais du Collective Impact qui permet l’union d’acteurs divers (entreprises, associations et institutions publiques) sur un territoire donné pour résoudre un besoin observé et non satisfait. Cette action repose sur la mise en place d’indicateurs précis et chiffrés ayant un rapport direct avec la problématique. Si le programme Strive réalisé dans la ville de Philadelphie a été pris pour exemple par la réussite de 40 indicateurs de performance sur 53, cette collaboration n’est pas toujours fructueuse. La divergence d’intérêts, de méthodologies et de fonds entre les différents acteurs cause souvent des problématiques de gouvernance et de pérennité du projet. 

La Civic Tech : des premiers résultats satisfaisants 

C’est l’article du MIT Media Lab, qui adresse directement cette question, à la lumière de l’une des problématiques traitées par les Civic Tech : l’engagement citoyen. 

L’article revient sur trois questions intéressantes à se poser :

  1. L’accessibilité des technologies est-elle un facteur dans l’engagement des citoyens ? 

  2. Les retours d’expériences collectés par les technologies sont-ils considérés comme utiles et pertinents par les collectivités publiques par rapport aux anciens modes de collecte ? 

  3. Dans quelle mesure les Civic Tech contribuent-t-elles à une meilleure gouvernance et une meilleure écoute des citoyens de la part des collectivités territoriales ? 

La réponse apportée par le MIT Media Lab à l’issue de plusieurs recherches est la suivante : 

  1. L’utilisation de technologies moins coûteuses, telles que le SMS, n’a pas modifié au Kenya, l’engagement des citoyens. Aux Etats-Unis de la même façon, l’engagement citoyen n’a pas été modifié suite à l’introduction des SMS. 

  2. Les résultats sont ici différents selon les moyens à dispositions des collectivités. Aux Etats-Unis par exemple, les canaux traditionnels (réunions physiques, phoning) et technologiques se complètent et permettent ensemble d’avoir des résultats pertinents. En revanche, au Kenya, l’usage de la technologie étant plus limité du côté des collectivités comme des citoyens, l’utilisation de la technologie est un canal qui est considéré pour le moment comme moins efficace et représentatif. 

  3. Les Civic Tech ont aujourd’hui un impact positif et s’ajoutent aux technologies existantes à la disposition des pouvoirs publics. Toutefois, pour optimiser leur impact, elles doivent adapter davantage leurs technologies aux codes encore très bureaucratiques des collectivités. De même, les civic tech doivent s’adapter au scepticisme des utilisateurs refusant d’intégrer des technologies dans le secteur public. 

 

Verdict ? 

Pour le MIT Media Lab, les civic tech pourraient avoir un impact conséquent sur la vie des citoyens en société. Il est ainsi important de continuer à soutenir ces projets en donnant de nombreux feedbacks et en leur donnant les moyens techniques et financiers d’atteindre leurs objectifs.  

 

#2 Investir dans l’Économie circulaire 

L’économie circulaire, de quoi parle-t-on ? 

Revenons d’abord sur une définition. Selon l’ADEME (l’Agence nationale de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), l’économie circulaire est un “système économique d’échange et de production qui vise à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources et à diminuer notre impact sur l’environnement”. Elle permet ainsi l’augmentation de l'efficacité à tous les stades de l’économie des produits. 

 

Depuis quand parle-t-on d’économie circulaire ? 

Le terme économie circulaire est employé pour la première fois à la fin du XXème siècle. Il est toutefois devenu un réel modèle économique au début du XXIème siècle devant l’urgence d’une réflexion sur un usage efficace des ressources naturelles. Cette économie s’oppose donc au modèle classique dit d’économie linéaire et s’imbrique naturellement dans la logique du développement durable. 

 

Quels secteurs participent à cette économie ? 

L’économie circulaire englobe de nombreux secteurs d’activités et peut se décliner à travers plusieurs logiques de production et de consommation complémentaires. Si l’idée reçue sur l’économie circulaire fait d’elle un effet de mode, il s’agit au contraire d’un concept mobilisateur qui permet de repenser de manière radicale les modes de production et de consommation tout en englobant des activités déjà développées. On retrouve par exemple des entreprises de rachat et revente tel que HelloZack, qui a récemment levé 1,2 million d’euros pour devenir leader européen de la collecte et revente de produits Apple d’occasion.  Son fondateur, Pierre-Emmanuel Saint Esprit est, par ailleurs, le fondateur de MoHo, une communauté d’entrepreneurs sociaux se rassemblant chaque année massivement pour le “D-Day Summit”.  

Aujourd’hui, de plus en plus d’entreprises basculent vers le modèle de l’économie circulaire. Elles sont motivées par les nombreuses opportunités qui en découlent comme les économies d'approvisionnement pour certaines. En effet, il existe plusieurs piliers différents de l’économie circulaire : du recyclage de déchets, en passant par la volonté de prolonger la durée de vie des objets pour converger vers une économie de la fonctionnalité et une économie du partage. 

C’est avec ces visions différentes mais qui convergent vers la même logique de l’économie circulaire que plusieurs entreprises se sont développées, pour jouer aujourd’hui un rôle centrale dans ce nouveau mode économique. 

 

Il y a t-il une rentabilité économique dans le secteur de l’économie circulaire ? 

Pour adresser cette question, un exemple concret, celui des plateformes de covoiturage Avec un exemple français pionnier dans le domaine, Blablacar, licorne française et son concurrent le plus rentable, Tripda. 

Blablacar (France) - 2006 :

  • Problème : L’augmentation des prix des trajets et l’augmentation de l’impact écologique liée au nombre significatif de voitures sur les routes et aux embouteillages qui en découlent.

  • Solution : BlaBlacar est une plateforme de covoiturage longue distance qui relie les conducteurs avec des sièges vides et les passagers pour partager les frais de déplacement. La plateforme est conçue pour créer une communauté sécurisée, basée sur la confiance, avec des identités déclarées et des profils de membres complets. Elle permet ainsi aux utilisateurs de baisser le prix des trajets tout en réduisant leur impact écologique. 

  • Modèle de rémunération : Sous forme d’une commission de 10% sur le trajet. Aujourd’hui, BlaBlacar rassemble la plus large communauté de covoiturage longue distance au monde avec plus de 70 millions d’utilisateurs. Elle est présente dans 22 pays. 

  • Chiffres : 448,5 millions d’euros levés en 6 tours auprès d’investisseurs comprenant la SNCF, Accel Ventures et Index Ventures. Leur dernière levée de fonds date du 12 novembre 2018, pour un montant d’environ 101 millions d’euros. Son revenu est estimé à 100 millions d’euros par an.

Tripda (New York) - 2014 :  

  • Problème : Le même que BlaBlacar.  

  • Solution : Tripda proposait également une plateforme de partage de trajet longue distance qui reliait les passagers et les conducteurs. Cependant, l’entreprise annonce la fin de son service de covoiturage en 2016 pour se concentrer pleinement sur le développement d’une communauté de voyageurs. 

  • Modèle de rémunération : Comme pour Blablacar, un modèle de commission. 

  • Chiffres : Au total, Tripda a levé environ 17, 2 millions d’euros auprès de Rocket Internet et d’autres investisseurs privés. Son revenu annuel est estimé à 2,4 millions d’euros.

 

Verdict ?  

Cette comparaison de ces deux concurrents montre ainsi que la France reste pionnière sur le marché du covoiturage. De manière plus générale, on remarque que le marché français est un marché attractif et mûr pour le secteur de l’économie circulaire.

 

L’économie circulaire maximise-t-elle réellement l’impact écologique ? 

La prise de conscience et le respect des logiques environnementales par les acteurs économiques constituent aujourd’hui le point d'ancrage de l’économie circulaire. En effet, l’économie circulaire apporte des solutions concrètes face aux défis environnementaux et a donc un impact écologique signifiant. 

Ainsi, elle permet de satisfaire des besoins de consommation croissants malgré l’épuisement des ressources de matières primaires. Elle apporte des réponses pour réduire les externalités négatives liées aux activités de certains acteurs économiques comme la pollution ou le rejet de déchets. Pour ce faire, elle les intègre directement dans les modèles économiques. On peut prendre l’exemple ici de l’entreprise BackMarket qui revend des produits high-tech reconditionnés. L’objectif de l’entreprise est de réduire l’empreinte carbone des produits high-tech émise principalement pendant la production mais également de réduire les déchets électroniques produits (50 M de tonnes pour 2018 selon les chiffres de l’ADEME). 

 

#3 Investir dans la Foodtech : 

La foodtech, est-elle toujours responsable ? 

Les services de foodtech n’ont pas toujours pour objectif de promouvoir un impact social ou sociétal. Toutefois, la Foodtech est un secteur favorable pour cette promotion du fait du lien très fort entre les produits alimentaires, notre santé et l’écologie. Beaucoup de nouvelles foodtech se sont ainsi fixées pour objectif d’éradiquer la faim, d’assurer la sécurité alimentaire, d’améliorer la nutrition alimentaire et de promouvoir une production durable. 

Un exemple intéressant est la croissance du secteur de l’agrotech qui souhaite promouvoir davantage la vente de produits alimentaires en circuit court. Un cas intéressant est celui de la startup Dig Inn, chaîne de restaurants qui s'approvisionnent uniquement auprès de fermes locales bio. Cette startup est à son quatrième tour de financement avec 51,5 millions de dollars déjà levés et un revenu de 32,2 millions de dollars. 

 

La France : un marché favorable pour la Foodtech 

Le marché s’est rapidement développé en France avec des startups qui connaissent une belle croissance. Les exemples sont aujourd’hui nombreux et divers. Le premier est celui de Yuka, une application permettant de connaître la composition de nos aliments et leur potentiel impact sur notre santé. Le second, celui de Too Good to Go, l’application anti-gaspillage, permettant aux restaurants et supermarchés de vendre à prix réduit leurs invendus. Enfin, une startup promouvant les producteurs de vins locaux et biologiques, Pinot Bleu, séduit de plus en plus de consommateurs. 

 

Quelle rentabilité pour les foodtech ? 

Pour adresser cette question, un exemple concret, celui des projets de containers urbains. Avec un exemple français pionnier dans le domaine, Agricool et son concurrent le plus rentable, Freight farms. 

Agricool (Paris) - 2015 :

  • Problème : Le système agricole et les modalités de distribution de ses produits sont aujourd’hui en position de faiblesse. En raison de l’accroissement des distances entre les lieux de production et les lieux de consommation, les villes ne disposent que de quelques jours d’autonomie en cas de désastres environnementaux (qui sont de plus enclin à exister), économiques ou financiers. 

  • Solution : Agricool transforme des containers pour y cultiver des fruits et légumes. Ils sont éclairés avec une lumière adaptée aux cultures, une irrigation raisonnée et un air avec une qualité supérieure. La promesse d’agricool est une culture 120 fois plus productive, sans pesticide, qui consomme 90% moins d’eau et de nutriment et ne travaillant qu’avec des énergies renouvelables. Aujourd’hui Agricool produit exclusivement des fraises et souhaite cultiver à termes différents fruits et légumes.

  • Modèle de rémunération : Vente en direct des produits et franchise des différents containers à des agriculteurs urbains. 

  • Chiffres : 41.3 millions d’euros levés auprès d’Henri Seydoux, Xange, Danone Ventures Daphni, Kima, Bpifrance, Marboeuf Capital et d’autres investisseurs privés. L’entreprise a un revenu annuel estimé à 1,5 million d’euros.

Freight Farms (Boston) - 2011 :

  • Problème : Éviter les conséquences d’une crise alimentaire suite à un désastre climatique. Promouvoir une alimentation sans pesticides. 

  • Solution : Containers permettant de produire des fruits et légumes de saison toute l’année avec une meilleure maîtrise de l’eau et des ressources énergétiques. Une application IOT, permettant de gérer le container à distance et d’automatiser certaines tâches. Des programmes de formation en ligne à destination des agriculteurs urbains sont également proposés. 

  • Modèle de rémunération : Vente à l’unité de containers (105 000 à 110 000 dollars), il n’existe pas de franchise. Services de gestion opérationnelle des containers (“Grown by Freight farms”). L’application IOT est disponible sur la base d’un contrat annuel pour le prix de 1200 dollars par an (prix croissant selon le nombre d’utilisateurs et de containers). 

  • Chiffres : 1,2 millions d’euros levés auprès d’investisseurs privés incluant Spark Capital. L’entreprise a un revenu annuel de 3 millions de dollars. Ses clients sont des universités, des restaurants, des villes et des campus d’entreprises. 

Il semble donc que le marché de l’agrotech soit en pleine croissance. C’est ce qu’illustre également un projet similaire à celui d’Agricool et Freight farms, celui d’Infarm. Cette entreprise concurrente allemande créée en 2012, a levé un montant total de 134,1 millions d’euros, pour un revenu estimé à 2,5 millions de dollars. Elle développe un système de culture verticale, sans recours à l’utilisation d’un container. 

 

Les foodtech maximisent-elles leur impact sur la société ?

Cette question est cruciale car la promesse des agrotech que nous venons d’analyser semble être celle d’un fort impact sur notre santé et l’environnement. Mais cela est-il réellement le cas ? 

Les startups Agricool et Freight Farms ont toutes les deux dû faire face dès leur création à de nombreuses critiques. En effet, si la promesse d’une agriculture urbaine semble positive, plusieurs questions demeurent. Tout d’abord, qu’en est-il de l’agriculture traditionnelle, n’est-ce pas un moyen d’affaiblir davantage leur production ? De même, la consommation en énergie est-elle réellement plus faible que celle d’une production agricole traditionnelle ? Qu’en est-il de la qualité des produits, est-elle la même que celle des produits issus d’une agriculture “en pleine terre” ? 

Tout d’abord, la solution d’agriculture urbaine est présentée comme complémentaire au travail des agriculteurs locaux. Elle permet de créer de nouveaux emplois et de donner une nouvelle attractivité à un métier qui était en fort déclin. La volonté n’est pas de se substituer aux producteurs locaux mais à l’offre d’importation de fruits et légumes industriels. Freight farms propose même aux agriculteurs d’avoir en parallèle les deux productions (en terre et au sein de containers) pour diversifier leurs revenus. Une étude intéressante de la MIT School of Management en 2016 a révélé la rentabilité de cette agriculture. Cette étude montre une augmentation du revenu des agriculteur en passant à une agriculture en container. Le coût à l’achat du container reste toutefois relativement élevé pour l’envisager comme une alternative abordable pour des producteurs de taille moyenne et petite. L’augmentation de financements dans le secteur pourrait permettre d’agrandir le nombre de producteurs et de réaliser des économies d’échelles. Ainsi, le prix des containers pourrait être revu à la baisse tout en conservant la même marge commerciale pour les producteurs. L’impact social de cette nouvelle alternative serait ainsi maximisé.  

La question de la gestion des ressources naturelles est celle qui connaît l’évolution la plus rapide. Les deux startups proposent aujourd’hui des containers recyclés, capables de s’auto-gérer. Cela permet d’avoir une utilisation maîtrisée des ressources naturelles. Concrètement, l’agriculture en container utilise la méthode de l’aéroponie, moins consommatrice en eau et en énergie. Des lumières LED éclairent les plantations, installées de manière verticale. L’irrigation provient quant à elle d’un système intelligent qui utilise l’humidité de l’atmosphère. Pour le moment, les deux startups ne sont pas capables de communiquer l’énergie nécessaire pour produire leurs produits. Des financements complémentaires seraient très utiles pour leur permettre d’approfondir leurs recherches et d’investir exclusivement dans des énergies renouvelables. 

Enfin, la qualité des produits cultivés n’a pas encore permis leur labellisation. Pour obtenir la labellisation bio, il est nécessaire que le produit soit cultivé en terre. Toutefois, les produits suivent la saisonnalité et des tests sont menés pour prouver la qualité gustative des produits. Les containers permettent une culture en circuit fermé qui évite l’utilisation de pesticides. Les financements dans ce domaine pourraient encourager la création de nouveaux labels, attestant de la qualité de ces nouvelles cultures. 

 

Verdict ? 

Investir dans l’agrotech c’est donc investir dans un marché rentable et à fort impact sociétal : une production sur 30m2 aussi productive que sur 200m2, des prix abordables pour le consommateur final pour des produits de qualité et 90% d’eau utilisée en moins. 

 

Ces trois secteurs représentent la majorité des investissements réalisés en Impact Investing. Nous avons présenté les startups à forte croissance et à fort impact dans ce domaine. Mais il existe aujourd’hui de nombreuses startups à fort potentiel, à la recherche de nouveaux financements pour continuer à démultiplier leur impact. Nous observons chez Eldorado une forte augmentation de startups à impact s’inscrivant sur notre plateforme et nous souhaitons les accompagner dans cette recherche. 

Si vous êtes investisseur, vérifiez que vous êtes bien inscrits sur notre liste. La partie finale de notre série sur l’impact investing, vous donnera tous les conseils pour vous aider à vous lancer dans l’investissement à impact au sein de votre fonds d'investissement, suivez notre actualité pour ne pas le manquer ! 

 

Cet article a été rédigé avec la participation de Clémence Helfer. 
 

Avec la contribution de
lara@eldorado.co's picture
Lara Garrido

Operations Manager @ Eldorado

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