Impact Investing : Faut-il se lancer ? (Partie 1)

Voici le premier article de notre série en 3 parties dédiée à l’impact investing. Dans cette partie, vous trouverez les informations nécessaires pour comprendre le modèle d’investissement de l’impact investing.


Ecosystème financement
Publié le 05/07/2019

 

L’impact investing : un concept encore flou ? 

#1 Impact investing, Investissement Socialement Responsable (ISR), quelles différences ?  

Bien qu’il n’existe à ce jour, aucune définition officielle de l’Impact investing, on peut le définir simplement comme un investissement qui allie maximisation d’un impact social et/ou environnemental et rentabilité financière.

Ce nouveau concept s’inscrit dans la logique de l’Investissement Socialement Responsable (ISR). L’ISR consiste à intégrer de façon systématique et de manière traçable, des critères environnementaux, sociaux  et de gouvernance à la gestion financière. 

Alors pourquoi différencier ce concept de l’ISR? Si l’ISR choisira entre deux investissements à performance financière égale, celui qui sera le plus favorable pour l’environnement et la société; l’impact investing choisira d’abord le projet le plus favorable, quitte à choisir une rentabilité financière moins élevée. Si donc dans un cas on recherche la performance, sous contrainte d’impact, dans l’autre on privilégie l’impact sous la contrainte de la performance. 

 

#2 Pourquoi c’est important ? 

L’impact investing favorise une économie responsable en incitant les acteurs de l’investissement à prendre en compte des critères extra-financiers lorsqu’ils sélectionnent des projets. Il ne s’agit pas de simplement montrer que l’activité financée ne cause pas de tort à la planète ou la société, mais bien de prouver, par des indicateurs, qu’elle apporte des effets positifs en contribuant par exemple à favoriser l’insertion sociale.

 

#3 Alors, toute entreprise peut être financée par l’impact investing ? 

Non, cet investissement s’adresse exclusivement à des entreprises dites sociales. Traditionnellement on considère une entreprise comme sociale, lorsqu’elle réponds aux objectifs de développement durable des Nations Unies (Sustainability Development Goals). Pourtant, une entreprise peut être aussi définie comme sociale par ses bénéficiaires (personnes à handicap, minorités..). Mais aussi, par ses biens et services vendus (commerce équitable, circuit court..), par sa finalité (missions d’utilité sociale n’étant pas prise ou partiellement prise en charge par les politiques publiques) ou par son modèle économique hybride (combinaison entre des revenus marchant et d’autres sources tel que le mécénat).  

 

Impact investing : un énième héritage anglo-saxons ? 

#1 Social Investment Task force, Benefit corporation, Loi Pacte, même combat ? 

Historiquement, le financement social et solidaire existait en France sous deux formes : le mécénat et les activités d’investissement socialement responsable. C’est en 2014 avec la loi statuant sur l'Économie Sociale et Solidaire (ESS) que l'écosystème de l’impact investing français s’est développé. Mais de qui s’est-elle réellement inspiré ? 

Regardons d’abord outre manche. L’Angleterre a été comme souvent, le pays pionnier dans le domaine en créant un comité indépendant chargé d’écrire un rapport dès l’année 2000. C’est en effet le comité du “Social Investment Task Force”, qui a rendu possible la conciliation de l’impact social avec la rentabilité financière. Les années suivantes ont permis l’application des nombreuses recommandations du comité, notamment en 2014 la création par David Cameron du “Social Investment Tax Relief”, une réduction des impôts à concurrence de 30% des investissements effectués par des particuliers dans des petites entreprises sociales. 

De l’autre côté de l’Atlantique, la crise financière de 2008 a engendré un sentiment chez les Américains de regagner la confiance des investisseurs. C’est dans ce contexte que les entreprises sociales américaines ont pu bénéficier dès l’année 2010 (dans l’état du Maryland) d’un statut juridique particulier, celui de la “Benefit Corporation”. Ce statut permet l’introduction de l’objectif social de l’entreprise, au sein de son objet social. Il est aujourd’hui disponible dans la majorité des états américains, dont les principaux états d’incorporation (les états du Delaware ou de Californie). La législation a été initiée sous l’impulsion de sociétés à mission, parmi lesquelles figurent des entreprises cotées telles que Patagonia et Ben & Jerry’s. 

La législation française s’est d’ailleurs largement inspirée de ce statut juridique lors de la rédaction de la loi Pacte, promulguée le 23 mai 2019. Cette dernière, a mis fin à la séparation de longue date entre les questions sociales et environnementales abordées principalement par le biais de dons philanthropiques, et des investissements sur les marchés concentrés exclusivement sur la performance financière.
 

#2 Impact investing : une promotion en cours !

Pourquoi cette promouvoir l’impact investing ? Parce que pour devenir rentable, le secteur de l’impact investing doit diversifier ses risques et investir dans différents projets à la fois. Ainsi, plus nombreux seront les projets, plus nombreux seront les fonds disponibles pour financer les entreprises de l’ESS. 

Plusieurs projets et travaux sont en cours pour inciter les entrepreneurs à créer des entreprises sociales. On retrouve d’un côté de nombreux incubateurs tels que nos partenaires Makesense ou encore Ticket for Change avec des masterclass et programmes d’incubation sur ce thème. De l’autre côté, des enseignements couvrant à l’Impact investing sont proposés dans les écoles de commerce telles que HEC, l’ESCP ou encore l’ESSEC. C’est par exemple par le biais d’un MOOC sur l’impact investing que Thierry Sibieude, professeur à l’ESSEC Business School, a dégagé cinq caractéristiques principales de l’impact investing : 

  • L’intentionnalité : L’investisseur a la volonté de générer de l’impact social ou environnemental par le biais de son investissement. 

  • L’impact : L'investissement génère une perspective de rentabilité sociale c’est à dire un impact social et environnemental positif. 

  • Le retour sur investissement : L’investissement génère également un retour financier même si celui-ci est généralement faible (s’étend de 0 au prix du marché). 

  • La durée : L’impact investing s’inscrit dans une logique de moyen / long terme. La durée d’investissement moyenne est de 7 ans. 

  • Le principe de l’additionnalité : L’idée derrière l’impact investing est de démontrer que l’impact généré par le projet n’aurait pas existé sans l'investissement dans le projet. 

 

L’impact investing, un marché prometteur ?

#1 Quelle taille pour le marché de l’impact investing ? 

Le marché de l’impact investing en 2019 est estimé par le GIIN (Global Impact Investing Network) à 502 milliards de dollars mondialement, avec une croissance extrêmement rapide. 

 

#2 Quels acteurs interviennent sur le marché de l’impact investing ? 

Une multitude d’acteurs avec chacun leurs propres spécificités et motivations agit sur le marché de l’impact investing. Cela commence par les fonds institutionnels et publics comme la Bpifrance. Sont également impliquées les banques comme le Crédit Mutuel ou encore BNP Paribas. De plus, le marché de l’impact investing a fait émerger des fonds d’investissement à impact comme Investir&+, Phitrust, Citizen CapitalImpact Partenaires, Raise Impact ou encore France Active. Pour une liste exhaustive, vous pouvez consulter cet article, où nous avons listé les fonds français à impact. 

 

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#3 Quels secteurs bénéficient de l’impact investing ? 

Aujourd’hui, il existe une variété de secteurs financés par l’Impact Investing. Les deux axes principaux financés par l’Impact Investing sont les questions liées à l’intégration sociale autour des problématiques d’accès au logement et l’insertion professionnelle. De l’autre côté, tous les enjeux liés au développement durable et aux problèmes environnementaux

 

#4 Quels sont les outils de financements de l’impact investing ? 

Les modalités d’investissement sont aussi nombreuses que ses acteurs. Voici une liste non exhaustive des modalités les plus courantes en Impact Investing : 

  • Le titre associatif
  • L’obligation convertible 
  • Le titre participatif 
  • Epargne salariale
  • Le prêt participatif ou crowdlending,
  • L’obligation associative 
  • La part sociale
  • La création d’un fonds de fonds  
  • La création du fonds d’innovation sociale  
  • La création d’un site de crowdfunding

 

Dans les prochains articles de notre série, nous nous intéresserons exclusivement aux fonds d’investissements à impact et verrons des exemples concrets de projets qui ont réussi dans ces secteurs. Cela vous permettra d’aller plus loin et de savoir si finalement vous êtes prêts ou non, pour vous lancer dans l’impact investing !

 

Cet article a été rédigé avec la participation de Clémence Helfer. 
 

Avec la contribution de
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Lara Garrido

Operations Manager @ Eldorado

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