Après un mois de janvier marqué par plusieurs tours importants, l’écosystème retrouve un niveau plus modéré en valeur, mais un volume d’opérations en hausse.
Ce mois confirme la tendance observée depuis 2024 : un marché du capital-risque plus sélectif mais toujours actif, où les investisseurs concentrent leurs capitaux sur des startups disposant d’une forte traction commerciale ou d’une technologie différenciante.
Malgré un recul des montants par rapport à janvier, le nombre d’opérations progresse, illustrant une activité soutenue sur les tours early-stage et Série A, tandis que quelques levées importantes structurent l’essentiel du financement.
Les chiffres clés du mois 🎉
💰 Montant total levé : 438,6 M€
📊 Nombre de deals : 35
💸 Ticket moyen : 12,5 M€
🪙 Ticket médian : 5 M€
Par rapport à janvier 2026, qui avait totalisé 540,7 M€ levés pour 29 opérations, février affiche une baisse des montants mais une hausse du volume d’opérations, signe d’un marché davantage réparti entre plusieurs tours de taille intermédiaire.
La médiane à 5 M€ confirme également la solidité du segment early-stage, qui continue de représenter une part importante de l’activité.
Comparaisons temporelles : un marché plus équilibré
Après un mois de janvier porté par plusieurs levées importantes, février marque un retour à un rythme plus équilibré.
La baisse du montant global ne traduit pas nécessairement un ralentissement du marché, mais plutôt une absence de méga-levée comme celles observées certains mois précédents.
Cette dynamique reflète l’évolution du capital-risque depuis 2023 : les investisseurs privilégient désormais la qualité des dossiers, la rentabilité potentielle et la solidité des modèles économiques, plutôt que la multiplication de très grands tours.
Les plus grosses levées du mois
Plusieurs opérations majeures structurent le mois de février et concentrent une part importante des capitaux investis.
Parmi les principales levées :
DentalMonitoring – 84 M€ – Série E
Spécialisée dans le suivi orthodontique à distance grâce à l’intelligence artificielle, la startup poursuit son expansion internationale.
Naboo – 58,8 M€ – Série C
La plateforme dédiée à l’organisation d’événements et de séminaires d’entreprise confirme la traction de son modèle sur le marché B2B.
Hummingbirds – 50 M€ – Série A
La startup développe une plateforme d’ambassadeurs internes permettant aux entreprises d’activer leurs collaborateurs comme relais d’influence.
GitGuardian – 42 M€ – Série C
Acteur reconnu de la cybersécurité, GitGuardian poursuit son développement international avec ses solutions de détection de secrets dans le code.
Verley – 32 M€ – Série A
Positionnée sur l’infrastructure technologique, la startup attire des investisseurs grâce à son approche innovante.
Ces cinq opérations représentent plus de 60 % des montants levés sur le mois, illustrant la concentration des capitaux sur un nombre limité de startups à forte croissance.
Répartition par stade : un amorçage toujours très actif
La structure des levées confirme une tendance observée depuis plusieurs années : l’amorçage reste le moteur du volume d’opérations.
Le Seed domine avec 16 opérations, ce qui démontre la vitalité du pipeline entrepreneurial français. Ces tours concernent majoritairement des startups technologiques, souvent positionnées sur le software, l’IA ou les solutions B2B.
Les Séries A continuent également de jouer un rôle central dans le financement des startups en phase d’industrialisation ou d’expansion commerciale.
Enfin, les Séries C et E concentrent une grande partie des montants grâce aux levées de startups déjà bien établies, comme DentalMonitoring ou GitGuardian.
Cette répartition illustre une pyramide de financement saine :
- une base large d’entreprises en phase d’amorçage,
- un niveau intermédiaire actif,
- et quelques tours avancés plus capitalisés.
Répartition géographique : l’Île-de-France largement en tête
Sans surprise, l’Île-de-France domine largement les investissements du mois.
La région concentre :
- 19 levées
- 329,9 M€ levés
- soit environ 75 % des montants du mois
Cette domination s’explique par la densité exceptionnelle de l’écosystème francilien : incubateurs, accélérateurs, fonds d’investissement et talents technologiques y sont fortement concentrés.
Plusieurs régions apparaissent néanmoins avec quelques opérations, confirmant la montée en puissance progressive d’écosystèmes régionaux dans la deeptech et l’industrie.
Secteurs d’attraction : le software toujours dominant
Le software arrive en tête des investissements en février 2026. De nombreuses levées concernent des startups développant des solutions SaaS, des outils d’intelligence artificielle ou des plateformes B2B destinées aux entreprises.
La cybersécurité, illustrée notamment par GitGuardian, reste également un secteur stratégique, porté par la demande croissante des entreprises pour sécuriser leurs infrastructures numériques.
Les biotechs et technologies liées à la santé figurent aussi parmi les secteurs actifs, confirmant l’attractivité persistante des projets à forte intensité scientifique.
Cette répartition confirme une tendance de fond : les investisseurs privilégient les startups capables de proposer des technologies différenciantes et qui peuvent s’internationaliser.
Les investisseurs les plus actifs en France 🇫🇷
Comme souvent, les fonds français jouent un rôle central dans le financement de l’écosystème.
Les opérations du mois mobilisent un mélange d’acteurs :
- fonds de capital-risque spécialisés,
- corporate venture,
- fonds internationaux.
La présence croissante d’investisseurs étrangers dans certains tours confirme également l’attractivité de la French Tech, notamment sur des secteurs technologiques stratégiques comme la cybersécurité ou l’intelligence artificielle.
Les fondatrices du mois 🙋♀️
Sur les 35 levées recensées en février 2026, 9 concernent des startups fondées ou cofondées par au moins une femme, soit 25,7 % des opérations du mois. Ces startups totalisent 118,4 M€ levés, représentant 27 % des montants investis.
La dynamique apparaît contrastée par rapport à janvier 2026 : la part des équipes fondatrices féminines progresse nettement en volume (16,5 % des deals en janvier contre 25,7 % en février), signe d’une présence plus forte des entrepreneuses dans le dealflow.
En revanche, leur part dans les montants levés recule légèrement (29,8 % en janvier contre 27 % en février), les plus gros tours du mois étant majoritairement réalisés par des équipes masculines.
Un marché toujours sélectif mais résilient
Avec 438,6 M€ levés, février 2026 confirme la transformation du capital-risque français depuis le pic observé entre 2021 et 2022.
Le marché est désormais marqué par :
- une sélectivité accrue des investisseurs,
- une concentration des capitaux sur les projets les plus solides,
- et une attention renforcée aux modèles économiques durables.
Malgré ce contexte plus exigeant, l’écosystème français continue de démontrer sa capacité à faire émerger de nouvelles startups tout en soutenant la croissance d’acteurs technologiques de premier plan.