Quelles sont les opérations d’exit les plus importantes de l’écosystème start-up français ?

Voici une liste des plus gros exits communiqués de Startups françaises


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Publié le 10/04/2019

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L’écosystème français de l’investissement se structure de plus en plus. Les start-ups deviennent peu à peu des “scale-ups”, des sociétés dont le business model a été validé par leurs premiers exercices, qui ont encore d’importantes perspectives de croissance et qui ont comme objectif de révolutionner leur marché.

C’est dans ce contexte que l’on peut se demander si le marché des fusions-acquisitions suit la même dynamique que celui des levées de fonds. Les fonds d’investissement n’investissent dans des start-ups que dans un seul but : revendre la société rapidement et en faisant des multiples importants.

Voici une liste des plus gros exits communiqués de Startups françaises :

📷1. Fotolia / Adobe : 800M€

Oleg Tscheltzoff et Thibaud Elziere, les deux fondateurs de la banque d’images Fotolia ont touché le gros lot en 2014 en cédant leur entreprise au géant américain Adobe. Cette revente reste à date, l’une des plus belles réussites d’entrepreneur(e)s français(e)s.

 

🏢 2. Seloger / Axel Springer : 633M€

Avec 4 millions de visiteurs uniques sur son site en janvier dernier, SeLogerdominait depuis plusieurs années le secteur des petites annonces immobilières en France.

 

🎮 3. Gameloft / Vivendi : 621M€

Fondé en 1999 par Michel Guillemot et ses quatre frères, Gameloft devient rapidement leader dans le domaine des jeux à télécharger sur mobiles. Vivendi met la main sur cette pépite pour poursuivre une stratégie offensive dans le domaine des jeux vidéos. Une OPA hostile qui n’a pas donné des résultats positifs puisque le nombre de téléchargement est en diminution depuis 2 ans.

 

📈 4. Neolane / Adobe : 600M€

Créée en 2001 par 3 centraliens, l’éditeur de logiciel est rachetée par le géant américain en 2013. Spécialisée dans le marketing digital et notamment la gestion de campagnes cross-canal, Neolane a pu poursuivre sa croissance pour se développer fortement aux USA.

 

📨 5. Kelkoo / Yahoo : 475M€

Kelkoo, moteur européen de comparaison de prix, est une entreprise fondée en 1999 par Pierre Chappaz, Maurico Lopez, Rémy Amouroux, Christophe Odin et Jérôme Mercier. Ayant longtemps eu la volonté de s’introduire en bourse, la société avait multiplié les déclarations allant dans ce sens. C’était alors avec surprise qu’elle annonça en 2004 se faire racheter par Yahoo pour une somme de 475M€, afin que cette dernière puisse développer ses activités e-commerce.

 

💅 6. Aufeminin.com / Groupe TF1 : 350M€

TF1 rachète le site de Média en 2017, notamment pour diversifier ses revenus en captant de nouvelles audiences. L’objectif de cette opération de 365 millions d’euros était de donc de diversifier son activité en se renforçant dans les médias en ligne, le commerce électronique et aussi à l’international.

 

❤️ 7. Meetic / Match.com : 345M€

Marc Simoncini a fondé le site de rencontres en ligne Meetic en 2001. Afin de renforcer sa position européenne de leader du secteur, Meetic s’était rapprochée de la société américaine Match.com en 2009 afin de récupérer les activités européennes de cette dernière contre 27% de son capital. En 2011, Meetic est contrôlée à 77,55% par Match.com à la suite d’une OPA amicale valorisée à 345M€.

 

🍭 8. Zenly / Snapchat : 300M€

Zenly est une application créée en 2015 à Paris par Alexis Bonillo et Antoine Martin. Trois ans de R&D auront été nécessaires aux deux fondateurs pour développer leur algorithme de géolocalisation en temps réel. Après une première levée de 10 millions d’euros en mai 2016 et une seconde de 22,5 millions d’euros en septembre 2016, Zenly a tapé dans l’œil du géant Snapchat. Ce dernier souhaitait optimiser sa dernière fonctionnalité, Snap Map.

C’est donc à la suite d’une opération de rachat, pour un montant compris entre 220 et 310 millions d’euros, que Zenly est entré dans le giron de Snapchat. Toutefois, les deux sociétés devaient continuer à faire fonctionner leurs services indépendamment.

 

🎯 9. Teads / Altice : 285M€

Teads est une plateforme automatisée de ciblage de publicité en ligne, créée en 2011 à Montpellier par Pierre Chappaz, Bertrand Quesada et Loic Soubeyrand. Avant son rachat par le groupe Altice pour 285 millions d’euros, Teads avait déjà levé 4 millions d’euros en 2013, puis 24 millions d’euros en 2015 et 43 millions d’euros en 2016.

Le rachat apparaissait comme un changement de cap pour Teads, puisqu’elle avait toujours assuré de vouloir se développer de manière autonome.

L’opération révélait également un pari du groupe Altice dans l’avenir de la publicité : l’objectif est de rendre la publicité à la télévision aussi ciblée que sur internet.

 

💻 10. Enablon / Wolters Kluwer : 250M€

Enablon, société du numérique francilienne, est un éditeur mondial de solutions SaaS et logicielles pour le pilotage HSE (Hygiène, Sécurité et Environnement), la maîtrise des risques et la performance développement durable. La transaction s’élève à 250 millions d’euros a permis au groupe hollandais Wolters Kluwer de digitaliser ses activités en 2016.

 

🎥 11. Dailymotion / Vivendi : 217M€

En 2015, après plusieurs feuilleton politique le “Youtube français” passe sous les mains de Vincent Bolloré, principal actionnaire de Vivendi. Avec 128 millions de visiteurs uniques par mois et un chiffre d’affaires en progression, Dailymotion était une cible d’acquisition intéressante.

Pour autant, depuis 3 ans, le nombre de visiteur est en chute libre. Et donc son chiffre d’affaires. Cette pépite du web tricolore ne cesse de se faire distancer par Youtube rendu quasiment monopolistique par Google.

 

📓 12. Compte Nickel / BNP Paribas : +200M€

Compte Nickel a été créé en 2012 par Hugues Le Bret, Ryad Boulanouar, Michel Calmo et Pierre de Perthuis en rébellion contre le système bancaire. Il permet à n’importe qui de se créer un compte bancaire particulier, car il n’y a justement aucune banque. Il suffit pour ça d’acheter une carte chez le buraliste et d’alimenter sa carte de deux manières différentes : soit en faisant un virement sur le site internet de la start-up, soit en déposant du liquide directement chez le buraliste.

La BNP Paribas, comme d’autres gros acteurs du secteur bancaire, était peu intéressée par les start-ups de la fintech. Mais avec ce rachat, pour plus de 200 millions d’euros, la banque montre bien sa volonté de profiter de ces jeunes entreprises qui ont su capter un flux de clientèle en capitalisant sur les zones d’insatisfaction client.

 

🚘 13. Chauffeur privé / Daimler : +200M€

Le constructeur automobile allemand s’est offert à la fin de l’année 2017 le deuxième acteur des services VTC en France, Chauffeur privé, pour une somme de plus de 200 millions d’euros.

La start-up avait été créée en 2011 par Yan Hascoët, Othmane Bouhlal et Omar Benmoussa et avait réussi à revendiquer 1,5 millions de clients et à fédérer un réseau de 18 000 chauffeurs partenaires.

Le rachat permet au groupe allemand de s’installer en France sur le marché très concurrentiel du transport privé de personnes, tandis qu’il permet à Chauffeur privé de bénéficier de la capacité financière de la multinationale pour développer son service en Europe.

 

💳 14. Priceminister / Rakuten : 200M€

Le E-commerçant français est fondé en 2000 par Pierre Kosciusko Morizet et ses co-fondateurs. Le leader du e-commerce au Japon, le groupe Rakuten rachète Priceminister. Le groupe a effectué une intégration progressive du groupe gardant un de ses co-fondateurs, Olivier Mathiot, à la direction pendant des années.

 

🚆 15. Captain Train / Trainline : + ou — 200M€

Captain train est une start-up fondée en 2009 par Jean-Daniel Guyot, Valentin Surrel et Martin Ottenwaelter. Elle a développé une plateforme de vente de billets de train et de car en ligne et sur mobile dans 22 pays européens. Elle comptabilisait en 2016 plus de 1,5 millions d’utilisateurs enregistrés et vendait 5 000 billets par jour.

Trainline, société anglaise fondée en 1997, s’est spécialisé dans les voyages proposés par les compagnies ferroviaires britanniques.

Le rapprochement entre les deux sociétés s’est fait pour un montant avoisinant les 200 millions d’euros et devait permettre aux deux structures de former un champion européen de la vente de billets de train.

 

📱 16. Withings / Nokia : 170M€

Withings est une start-up créée en 2008 par Éric Carreel, Fred Potter et Cédric Hutchings. Elle commercialise des objets connectés permettant de monitorer sa santé. Elle avait ainsi développé des objets mesurant l’activité, le poids, la qualité du sommeil ou l’environnement de l’utilisateur.

Nokia avait racheté la start-up en 2016 pour un montant de 170 millions d’euros afin de faire son grand retour dans le secteur de l’électronique grand public, après la vente de sa branche mobile à Microsoft en 2014.

Deux ans plus tard Nokia a revendu le groupe à son fondateur. Le montant du rachat n’a pas été communiqué mais n’excéderait pas 30 millions. Exemple d’un rachat raté par un grand groupe.

 

💊 17. Medtech / Zimmer Biomet : 164M€

Bertin Nahum a fondé la start-up Medtech en 2002 à Montpellier. Elle se spécialise dans le développement et la commercialisation de robots médicaux. Son rachat a été effectué en 2016, pour un montant de 164 millions d’euros, par l’entreprise américaine Zimmer Biomet, spécialiste des implants et leader du domaine de la musculosquelettique.

La vente de Medtech était motivée par la difficulté qu’avait rencontré son fondateur à trouver des financements importants en France, carburant pourtant nécessaire pour que l’activité de la start-up ne périclite pas.

 

💡 18. Weave / Onepoint : 120M€

Weave, start-up fondée en 2001 par Didier Rousseau, est le pionnier du conseil en stratégie augmentée. Onepoint, créée en 2002 par David Layani est une entreprise spécialisée dans la transformation digitale des entreprises.

Le rapprochement entre les deux entreprises est motivé par la volonté de réinventer les modèles traditionnels du marché du conseil et créer le leader européen de la transformation numérique des entreprises et des acteurs publics. L’ambition de la nouvelle structure est de dépasser le cap du milliard d’euros de chiffre d’affaires dans les 5 ans suivants le rachat, effectué pour un montant de 120 millions d’euros.

 

🔬 19. Trophos / Roche : 120M€ en rachat, 350M€ par étapes réussies

Trophos, entreprise marseillaise créée en 1998 par Jean-Louis Kraus, Christopher Henderson, Olivier Pourquie, Antoine Beret, Michel Delaage. Elle détient la propriété exclusive d’une plateforme permettant la production de l’olesoxime, une molécule permettant le traitement d’une maladie neuromusculaire rare et invalidante d’origine génétique.

La société a été rachetée en 2015 par le laboratoire pharmaceutique suisse Roche, pour un montant de 120 millions d’euros allant directement aux actionnaires. Des versements ultérieurs étaient à prévoir, puisque 350 millions d’euros pouvaient être investis en fonction d’objectifs et d’étapes fixés à l’avance.

 

🍴20. La Fourchette / TripAdvisor : 110M€

Lancée en 2007 par Bertrand Jelensperger, Patrick Dalsace et Denis Fayolle, La Fourchette est un site internet spécialisé dans la réservation en ligne de restaurants dans 5 pays européens. La start-up française a été rachetée en 2014 par le géant américain TripAdvisor grâce à une transaction d’un montant de 150M$, soit environ 110M€. Cette opération a permis à TripAdvisor d’étendre son business model, basé sur la publicité, dans le transactionnel.

 

📅 21.Sunrise / Microsoft : 100M€

Microsoft avait fait l’acquisition en 2015, pour un montant de 100 millions d’euros, de la start-up Sunrise. Cette dernière, fondée en 2012 par le belge Jeremy Le Van et le français Pierre Valade, développait une application pour iPhone, iPad, Mac, chrome, et Android qui permettait de gérer son agenda, que ce dernier soit sous Google Calendar, iCloud ou Microsoft Exchange.

 


D’autres opérations importantes ont eu lieu, mais leurs montants n’ayant pas été divulgués, il est difficile de les classer dans un top 10. Nous pouvons notamment citer :

 

Mais autre que les opérations d’acquisition, les introductions en bourse sont également une manière d’effectuer un exit.

Critéo avait, en 2013, réalisé une introduction en bourse réussie. L’opération avait permis de lever la somme de 250 millions d’euros. La fourchette du prix de vente de l’action avait été fixé par Critéo entre 23 et 26 dollars, mais le succès a été tel que les actions s’échangeaient à 45 dollars à leur cours le plus haut.

3 ans plus tard, c’est Talend qui effectue une entrée réussie au Nasdaq. Fondée par le français Bertrand Diard, l’entreprise de logiciel spécialisée dans l’intégration des Big Data la Startup est aujourd’hui côtée à plus de 2 milliards de dollars.

Showroomprivé.com avait lui aussi tenté l’aventure de l’introduction en bourse, en 2015, afin de rattraper le leader du secteur du déstockage en ligne, Vente-privée.com. La société a levé 256 millions d’euros, mais l’expérience aura toutefois été moins fructueuse que celle de Critéo. En effet, malgré la fixation du prix d’échange de l’action au plus bas de la fourchette indicative, soit 19,5 euros, à la clôture du jour d’introduction en bourse, le titre avait cédé 9,64%.


On constate une augmentation du nombre d’opérations de rachat de start-ups françaises, pour des montants toujours plus importants. Les acquéreurs sont dans la grande majorité des cas des entreprises étrangères.

Bien que ceci puisse favoriser le développement à l’international de nos jeunes pousses, les acteurs du corporate investment français sont encore trop peu présents sur le marché du M&A start-up. Gageons que la tendance s’inversera peu à peu dans un futur proche.

Avec la contribution de
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Adrien Chaltiel

Founder @ Eldorado

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